Mercredi 2 avril 2008


Mon blog est d'habitude impersonnel et scientifique. Exception confirmant la règle, à l'occasion du carnaval des blogs, je vais vous rapporter ma première vraie consultation de médecine générale  et donc mon premier rapport avec les médicaments à prescrire. C'était lors de mon service militaire.


Après un mois de classe à Libourne, j'ai été affecté à la base aérienne 103 de Cambrai en Novembre 1996. A l'époque, le service national existait encore, il était de 10 mois pour les appelés sauf pour les médecins aspirant qui bénéficiaient de 2 mois supplémentaires (Liberté, EGALITE...).


En arrivant à l'infirmerie de la base, je vous passe les détails admnistratifs, tous sont soulagés de me voir. Une infirmière, sergent, assez jolie, m'explique que le médecin capitaine est en congès et qu'une vingtaine de malades attendent déjà le début des consultations.

Je la regarde du coin de l'oeil. Comment lui dire que quittant l'hopital où j'étais externe, je n'ai jamais consulté seul dans un bureau? Comment lui exprimer l'angoisse qui est la mienne?

Ils attendent un médecin, il faut bien par la force des choses que je le devienne.Aprés tout, je suis allé à la faculté pour cela, pas vrai?


Assis derrière mon bureau, je regarde étrangement MON premier malade. Il est jeune, a vingt ans, il m'explique qu'il tousse, a mal en avalant et a le nez qui coule.

-”Mince, du classique!” me dis-je.

J'examine , j'écoute les poumons et je conclue qu'il souffre d'une rhinopharyngite banale.


Je retourne au bureau , en lui demandant de se rhabiller, j'attrape une ordonnance et c'est à ce moment précis que commence mon calvaire.


Que prescrire pour cette rhinopharyngite? Bon , j'ai une vague idée, des gouttes pour le nez, de l'advil et un sirop, cela me semble logique.


Ben, voyons! Nous qui étions formés à prescrire des traitements complexes, des chimiothérapies, et j'en passe, me voilà en train de sécher sur ma copie , dans un petit bureau militaire de Cambrai; seul, face à ma feuille et surtout face à mon jeune soldat, qui commence à trouver le temps long...


Une idée! Des gouttes pour le nez, je vais mettre Pivalone, je m'en souviens j'en ai déjà eu! Reste le sirop! Oh! Calvaire! Le sirop!?


Je me rappelle mon père, Moldu, qui avait vu le remplaçant de notre médecin de famille, revenant un peu faché:

-”Ce jeune, il est pas bon! Il ne m'a même pas donné de sirop!” disait-il alors.


Du sirop! Mon Dieu, donnez moi le nom d'un sirop! SVP!!!


Je lorgne avec envie le gros Vidal rouge sur le bureau. Si je risque un oeil, comment va réagir le patient qui lui attend sagement , n'osant même pas perturber les pensées du médecin aspirant?


Si mon père juge le médecin parce qu'il oublie le sirop, quelle réputation je vais trainer en ouvrant le Vidal le premier jour??? J'en tremble d'avance!


L'infirmière trouvant le temps un peu long, se permet de frapper à la porte:

-” Docteur, je vous prépare les dossiers des prochains consultants.

-Parfait. Heu? Dites-moi...le médecin capitaine, il met quoi en sirop anti-tussif?

-?

-Oui, parce que là, ce jeune homme en a besoin et je me dis que... Enfin, vous voyez,quoi.

  • Paxéladine. A l'Armée, on n' a que du Paxéladine de toute façon.

  • Ah, bon? Merci.”


Je rédige l'ordonnance, la présente avec gêne au jeune appelé. Je suis soulagé. Pxéladine, c'est facile, non? J'ouvre la porte de la salle d'attente, et crie:

-”au suivant!”

En route pour de nouvelles aventures....Voici donc ma première ordonnance , mon premier rapport avec les médicaments et la difficulté à prescrire.

par docteurmailler publié dans : divers
ajouter un commentaire commentaires (5)    créer un trackback recommander
Samedi 8 mars 2008

La maladie de Widal comporte une triade : asthme – intolérance à l’aspirine/AINS – polypose nasale.

 

L’aspirine a été découverte en 1853 par Gerhardt.
En 1922, la triade de Widal est décrite pour la première fois.

 

PHYSIOLOGIE
Des anomalies du métabolisme de l’acide arachidonique en partie génétique débouche sur une sécrétion accrue de cysleucotriènes pro-inflammatoires et bronchoconstricteurs.

Lors des processus inflammatoires chez l’homme, l’acide arachidonique issu des membranes cellulaires est métabolisé selon 2 voies (soit par la cyclooxygénase, soit par la 5-lipooxygénase).

La voie de la cyclooxygénase produit des prostaglandines.

La voie de la 5-lipooxygénase produit des leucotriènes.

L’aspirine, les AINS bloquent la synthèse des prostaglandines en bloquant des enzymes nécessaires COX-1 et COX2 limitant ainsi l’inflammation.

Chez les sujets atteint de la triade de Widal, en bloquant la synthèse des prostaglandines, la voie des leucotriènes s’emballe.

Des modifications génétiques ont été décrites sur une enzyme : la leucotriène synthétase, et il est probable également que des modifications de cette enzyme apparaissent avec l’âge.

 

 

CLINIQUE

Symptômes débutants vers 30/40 ans

Rhinite, rhinosinusite chronique

Erythème facial, angioedème, urticaire

Asthme important (bronchoconstriction et inflammation des muqueuses)

Intolérance à l’aspirine et aux AINS

Polypose nasale avec hyposmie voire anosmie.

 

Le diagnostic est confirmé en milieu hospitalier où on pratique un test d ‘introduction progressive d’aspirine soit par voie orale soit par voie nasale. Le dosage des U-LTC4 , leucotriènes urinaires, est à l’étude.

 

TRAITEMENT
Antileucotriènes
Corticoïdes locaux

 

Les AINS supportés par les malades atteints de la triade de Widal sont un anti-cox2 sélectif (célocoxib)  et les partiellement sélectifs à dose faible (nimésulide, nabumétone, méloxicam). Cependant, il vaut mieux par sécurité éviter les AINS au profit du Paracétamol.

Des réactions anaphylactoïdes ont tout de même été décrites avec le paracétamol.

par docteurmailler publié dans : divers
ajouter un commentaire commentaires (1)    créer un trackback recommander
Samedi 16 février 2008

Le tabac est une plante cultivée dans le monde entier. Les feuilles sont séchées puis mises à fermenter pour obtenir un goût spécifique.

Le tabac contient de la nicotine. La nicotine a un effet éveillant, anxiolytique et coupe-faim. Les produits du tabac contiennent des additifs, leurs combustions créent de nouveaux composants nocifs pour la santé (goudrons, monoxyde de carbone).

En 1560, le tabac arrive en France via un moine revenant du Brésil et via Jean Nicot, diplomate français en poste à Lisbonne. Taxé par Richelieu, le tabac devient une source de revenu d'Etat et Colbert instaure en 1674 le monopole des ventes. La cigarette arrive en France qu'en 1825.

66 000 personnes meurent de tabagisme en France chaque année . Un cancer sur trois est dû au tabac.

EFFETS CARDIOVASCULAIRES

Hypertension artérielle, détérioration des artères (artères du cerveau , des membres...), augmentation du pouls. Les infarctus du myocarde sont 2 x plus nombreux chez les fumeurs.

EFFETS RESPIRATOIRES

Bronchite chronique, cancer du poumon, des bronches, des voies ORL....

EFFETS DIGESTIFS

augmentation de l'acidité gastrique : ulcères, gastrites, cancer de l'oesophage....

EFFETS GENERAUX

Le tabac limite l'apport d'oxygéne au niveau du cerveau et des muscles, maux de têtes, vertiges et diminution de la résistance à l'effort sont fréquents.

Risques de cancer de la vessie, du pancréas...

La dépendance (sensation de manque, anxiété, irritation, tremblements, sueurs) au tabac est connue de tous.

TABAC ET GROSSESSE

Retard de croissance intra-utérine possible.

Risque de prématurité.

Risque de grossesse extra-utérine augmenté.

Risque de mort subite du nourrisson augmentée.

Troubles respiratoires chez le bébé (tabagisme passif)

COMMENT ARRETER?

Les risques liés au tabac sont réversibles, il faut arrêter.

Substitutions nicotiniques (patch, gommes à mâcher, pastilles, inhaleur..) avec un sevrage progressif pour réduire les effets de manque. L’usage des substituts multiplie par 2 les chances d’arrêt versus placebo.

Aide psychologique individuelle ou collective, rencontre avec d'anciens fumeurs, relaxation,....

La quantité de tabac consommée en France est en baisse parallèlement à l'augmentation du prix.

  Depuis le 1er février 2007, les substituts nicotiniques sont remboursés pour un montant maximum de 50 euro par an sur prescription du médecin traitant. Renseignez-vous auprès de vos CPAM et/ou Mutuelles.

Des rechutes à l’arrêt sont possibles, il faut trouver la bonne stratégie. Il existe également des centres spécialisés en tabacologie.

Le Bupropion et le varenicline peuvent être une autre alternative. Attention cependant aux contre-indications : troubles convulsifs ou antécédents convulsifs, anorexie ou boulimie, tumeur du système nerveux central, sevrage alcoolique ou de benzodiazépine, insuffisance hépatique et trouble bipolaire. Si au bout de 7 semaines, le patient n’est pas répondeur à la molécule, il ne sert à rien d’aller au delà…Une sensation de bouche sèche, des insomnies et des maux de têtes sont rapportés.

Un arrêt progressif (sous substituts) est possible. L’association patch-gommes à mâcher, par exemple est possible (attention aux doses de nicotine !), pour palier aux effets de manque si le patch est sous-dosé.

Le surdosage nicotinique entraîne des nausées, palpitations, sueurs, hypersalivation, douleurs abdominales…

par docteurmailler publié dans : divers
ajouter un commentaire commentaires (0)    créer un trackback recommander
Vendredi 11 janvier 2008
Après un commentaire, sur mon article (ancien) sur la transsexualité, je préfère enlever le texte en question.

Sachez que jamais je n'ai voulu offenser, ni être irrespectueux, et si dans cet article quelqu'un s'est senti blessé, je lui présente toutes mes excuses.

Ce texte était tiré d'un article lu sur le "quotidien du médecin", j'en ai fait le relais sur mon blog car c'était une question non abordée dans mon cursus universitaire. Il me semblait intéressant d'en parler.

Merci à vous de me lire.

Docteur Mailler
par docteurmailler publié dans : divers
ajouter un commentaire commentaires (2)    créer un trackback recommander
Vendredi 31 août 2007

  Docteur Mailler

 

SYNDROME DE MARSHALL

Syndrome découvert en 1958.

Il s’agit d’un ensemble de malformations voisin du syndrome de Stickler ou de l’arthro-ophtalmopathie héréditaire progressive.

Ce syndrome a été décrit dans une douzaine de familles, avec dans chacune au moins 2 individus atteints.

SIGNES CLINIQUES:
Petite taille
Brachycéphalie (crâne tronqué en arrière)
Dysmorphie faciale (hypertélorisme (écartement excessif des yeux), épicanthus, racine du nez aplati avec narines antéversées, étage moyen de la face plat, micrognathie, philtrum long, lèvres épaisses et parfois fente palatine).
Anomalie de la dentition : Incisives supérieures proéminentes.
Surdité
Anomalies oculaires : myopie, cataracte mais aussi : dégénérescence vitro-rétinienne, décollement de rétine, glaucome et luxation du cristallin. Les globes oculaires apparaissent gros, en raison d'un défaut de profondeur des orbites .

On note également en radiographie : une hypoplasie du maxillaire supérieur, des os du nez et des sinus frontaux, une voûte du crâne épaissie, des calcifications intra-crâniennes, des espaces intra-articulaires étroits et une arthropathie ostéophytique des genoux et des hanches.

Une ostéoarthrite peut débuter après 30 ou 40 ans, intéressant les genoux et la colonne vertébrale.

GENETIQUE :
Le syndrome est transmis sur le mode autosomique dominant. Il est dû à une mutation du gène alpha-1 polypeptide du collagène XI (COL11A1) qui a été localisé sur le chromosome 1, en 1p21.

Le diagnostic prénatal est possible par la recherche de la mutation du gène COL11A1 après la naissance d'un cas index.
 
La prise en charge est symptomatique.


LE SYNDROME DE MARSHALL ou SYNDROME PFAPA

Origine :inconnue
Durée: plusieurs années

SIGNES CLINIQUES:

Fièvre périodique jusque 40°C sur 4 à 5 jours qui se reproduit toutes les 3 à 6 semaines.
Stomatite aphteuse, Pharyngite, adénite cervicale douloureuse
Croissance normale.
Douleurs abdominales possibles avec diarrhée, céphalées, et douleurs articulaires.

BIOLOGIE
La vitesse de sédimentation est accélérée, et il existe une augmentation du nombre des globules blancs.

TRAITEMENT:
Antibiotiques, anti-inflammatoires non-stéroïdiens, Aspirine, Colchicine, Antiviraux, Corticoïdes, Cimétidine et Amygdalectomie.

L'administration de cortisone est très efficace, faisant disparaître rapidement les symptômes, la fièvre en particulier.
La chirurgie (tonsillectomie avec ou sans adénoidectomie) permet de garantir les meilleurs résultats dans le traitement du syndrome PFAPA.

Le pronostic est excellent, avec un espacement progressif des crises sur des années..



LE SYNDROME DE MARSHALL SMITH
 
Découvert en 1971.
Il s’agit d’un ensemble rare.

SIGNES CLINIQUES :
Avance staturale et une avance de l'âge osseux dès la naissance
Dysmorphie : bosses frontales saillantes, yeux proéminents, sclérotiques bleues, antéversion des narines et micrognathie.
Retard mental

Difficulté à l’alimentation (prise de poids diificile)
Infections respiratoires fréquentes.

Radiographies :avance de l'âge osseux et un aspect anormal des phalanges qui sont courtes et coniques.

L'étiologie du syndrome est encore inconnue, mais le fait qu'il survienne de manière sporadique évoque une mutation dominante de novo.

DIAGNOSTIC DIFFERENTIEL:
Syndrome de Weaver et syndrome de Sotos : mêmes caractéristiques osseuses mais pas d’association à des infections respiratoires ou à un visage particulier.

TRAITEMENT :

Prise en charge de la malnutrition et des infections respiratoires.

L'évolution est le plus souvent sévère et le décès survient au cours des premières années de vie.

Quelques formes moins sévères d'évolution prolongée ont été rapportées chez des patients sans complications respiratoires. Elles s'accompagnent alors d'un retard mental
par docteurmailler publié dans : divers
ajouter un commentaire commentaires (1)    créer un trackback recommander

Calendrier

Mai 2008
L M M J V S D
      1 2 3 4
5 6 7 8 9 10 11
12 13 14 15 16 17 18
19 20 21 22 23 24 25
26 27 28 29 30 31  
<< < > >>

Recherche

cree son blog sur over-blog.com - Contact - C.G.U. - Rémunération en droits d'auteur avec TF1 Network - Signaler un abus